5 mai 2009

Les Follivores

Il y a peu j'étais à Paris et j'étais invitée à l'anniversaire d'une goudou de ma fraîche connaissance. Après ingestion de diverses cacahuètes et autres produits gras en tous genres, nous décidâmes de sortir. Comme nous étions 4 gouines au total et que les non-gouines avaient décidé de s'en tenir à la pré-soirée, nous avons opté pour un lieu sinon lesbien, du moins gay, dans le but de bouger nos corps. Comme il se doit, l'élection finale de l'endroit revenait à celle qui fêtait son anniv. Et c'est là que la goudou parisienne peut s'avérer très capricieuse car malgré nos arguments éclairés qui prônaient plutôt « le Tango », la fille en question décida que nous irions aux « Follivores », c'était ça ou la tisane et au lit, on ne discutait pas.

Le seul avantage des « Follivores », c'est qu'il n'y en a pas (oui je sais ça ne veut rien dire). Déjà, à l'entrée, on vous appauvrit de 18 euros et comme vous sentez bien que vous n'allez pas pouvoir danser avec votre sac à main (eh oui, à main je maintiens, même si certaines mauvaises langues nient à mon sac cette identité), votre manteau et votre pull, vous vous délestez au guichet suivant de 3 euros supplémentaires - mais là c'est pas moi qui ai déboursé, donc je ne dis rien. Les Follivores c'est le paradis du gay garçon. Des pédés, des pédés, des pédés, en veux-tu-en-voilà et des gouines...8 au total, en nous comptant.

Ça a lieu au Bataclan qui est une salle de spectacles et non une boîte de nuit, donc j'imagine que le système d'aération n'est pas prévu pour que 1000 garçons virils et 8 filles moins viriles se déhanchent pendant des heures, ce qui fait qu'au bout d'un quart d'heure, j'avais perdu 50% de l'eau de mon corps, et si l'on ajoute à cela les 18 euros que je venais de donner, ça faisait, en peu de temps, beaucoup de perte, je trouve. Malgré cela, et pour ne pas faire la gâche-fête, j'ai essayé de m'amuser. Le thème de la soirée était: « Tubes des années 80 ». Je suis plutôt de bonne composition et je me dis que tout est bon à qui veut danser, donc va pour les années 80. Danser sur Niagara, Mylène Farmer, passe encore, mais après « Pandi Panda petit ourson de Chine » « Est-ce que tu viens pour les vacances? Moi je n'ai pas changé d'adresse. », j'ai commencé un peu, malgré ma bonne volonté, à me lasser. Surtout qu'à mesure que s'égrenaient les tubes de Rose Laurens et Julie Pietri, la salle se remplissait encore et encore de garçons, qu'il devenait difficile de maintenir un espace nécessaire à la pratique de la danse et qu'on se faisait bousculer constamment sans même un « pardon » (ni même un « merci » d'ailleurs), on doit aimer le contact dans ce genre d'endroits.

Comme vous vous déshydratez à une vitesse vertigineuse, vient le moment où vous désirez boire. Vous vous approchez du bar et là commence une petite heure de jeux de coudes. Coincée entre deux grands garçons, j'avais la vue sur une aisselle poilue (qui a dit que les homos s'épilaient?) et un tee-shirt humide. Enfin arrivée au bar, vous vous faites servir gratos (puisque une conso est comprise dans le droit d'entrée) un Perrier salvateur qu'il vous faudra boire parcimonieusement car vous constatez que toutes les boissons suivantes sont à 9 euros et qu'il est impossible à cette heure-là, d'appeler son banquier pour négocier une autorisation de découvert. Je suis retournée danser. Par chance, j'ai trouvé une bouche d'aération sous laquelle je me suis postée, ce qui m'a permis de finir la soirée vivante.

Bon, je suis mauvaise langue, vraiment! Car malgré tout cela, je me suis bien amusée et la fille qui fêtait son anniv était, elle, ravie. Si je me suis bien amusée, c'est que j'avais mis en route mon 14ème degré, parce que les tubes des années 80, de quand on était petites (ou pas nées pour certaines d'entre vous) c'est quand même très drôle. Et puis j'avais la chance de pouvoir contempler à loisir une fille, jolie et sensuelle, qui dansait pour moi et parfois même, je dansais avec elle. Alors, je vous avoue que les 18 euros, l'excès de testostérone et Chantal Goya chantée à tue-tête, sur le coup, je m'en fichais pas mal.

Baby Dyke

Ps: Pédée, Butchy, tout le monde, pardon pour mon silence, j'ai été bien occupée ces derniers temps, j'ai eu des vacances et comme vous des fériés que j'ai utilisés pour vivre en vrai, dehors et à l'air libre, beaucoup de travail quand j'allais au travail (pas souvent certes) et puis j'étais aussi un peu, je l'avoue, dans ma bulle.


4 mai 2009

le plaisir d'offrir, la joie de recevoir...

Vendredi, il faisait beau alors j'attrape le collier, la laisse et me voilà partie avec Toby pour une petite balade. On se promène le long de la rivière, Toby fait ses petits business au loin, il boit un coup, farfouille dans les buissons... puis je le vois qui gratouille un truc qui retient grandement son attention. Il gratte, renifle et prend le truc dans la gueule qu'il me ramène fièrement en dandinant du cul. Je suis moi-même très fière parce que c'est plutôt rare qu'un truc l'intéresse à ce point et surtout qu'il me rapporte un cadeau. Je ne vois pas ce qu'il m'amène, mais il est tellement trognon avec son p'tit air de grand explorateur, de découvreur de trésor! Ah quel clebs! ah quel fin limier! ah quelle trouvaille!
Il se rapproche, toujours aussi fier et sûr de son coup. Je crois discerner un truc. Mais non, j'ai la berlue, ça ne peut pas être ça...
Le chien arrive, il s'assied et dépose à mes pieds la trouvaille rejetée par les eaux... :
une serviette hygiénique usagée et sanguinolente !
Il attend une félicitation verbale et je reste là, mutique, les bras ballants, l'air dépité...


Me voilà rassurée, mon chien a des goûts très sûrs en matière de cadeaux et l'art de surprendre avec originalité.


Butchy Fem

A NE PAS MANQUER !!!

Le 30 mai, à Rennes, Les Chattes Hurlantes cassent la baraque et le Grand Cordel (bon là, c'est une blague...) pour une soirée filles (non mixte), à partir de 21 h !

Avec, dans l'ordre d'apparition : de la découverte, de la furie, un peu de rock and roll et peut-être même des baisers (enfin ça, c'est toi qui vois), de la musique forte, des images, de la distro, encore et toujours des badges, des verres à boire à des prix attractifs (on n'aime pas vraiment l'argent), des filles qui dansent et d'autres pas et puis surtout :

Ill Ease, Human Toys, The Big Boss Ladies, Strap-on dildos, Maboo, Iza Iza, Aurélie Cenno aka Peach, Nathalie Mondot et Mac l'Arnaque. + set Chattes Hurlantes

Pédée Sexuelle


Un nouveau jeu !


Ouais, on avait disparu avec Butchy Fem, mais on n'avait plus d'ordi. Du coup, on a joué au scrabble, au Trivial Pursuit, on a lu pleins de BDs, on a maté tous les épisodes d'In Treatment, on a tondu la pelouse et fait un grand ménage. Ça a du bon aussi de ne plus avoir internet !!
Mais, maintenant qu'on a récupéré de la came, on va essayer de se remettre à écrire, pour que ce blog ne meure pas ce mois-ci... ( Ceci est aussi un message subliminal à notre 3ème gouinette, qui a parfaitement disparue. Baby Dyke, es-tu encore une gouinette, ou du moins, es tu encore en vie ? Pfff.....)

Si vous avez des commandes de posts, allez y, je suis open et aware pour écrire sur demande ! c'est le nouveau jeu que je vous propose. Balançez un thème et je ferais un post ( si ça m'inspire un minimum, hein !)....

Pédée Sexuelle

26 avr. 2009

Etienne de Crecy




Pédée Sexuelle

La loose


hier. Jour très pluvieux et gris. Morosité et mollesse. 13h.


Butchy
Fem :
"pff, chuis molle, pas envie de causer, .....je retourne sous la couette bouquiner une BD..."

Pédée Sexuelle :
"ouais, envie de voir personne et de rien branler de la journée..."

Butchy Fem :
" bah, y a rien de prévu....sauf le Printemps de Bourges ce soir, et puis, y a ma soeur qui passe à 14h et puis y a Virginie et Paul qui passent à 17h30...pff, trop la flemme..."

Pédée Sexuelle dans un demi-sommeil de sieste :
"....grognement....pff, fais iech, j'ai envie de voir personne...pfff.....pff...nan...je dors....oubliez moi....grognement...."

Butchy Fem sous la couette avec sa BD :
" merde, ça a sonné à la porte, déjà ??!!!ah oui, il est 14h30....argh......adieu couette chaude et douillette.......arghhh....allez Pédée stand up....."

Pédée Sexuelle :
"...grogne....pff, total asociale..."

Butchy Fem
et Pédée Sexuelle : "putain, t'as vu ce qui tombe comme flotte, ça va être sympa la festival de Bourges.....grogne.....pff, bon, ça va bien finir par s'arrêter...pff la flemme..."


5h plus tard. Sous la pluie, trempées, 10 000 personnes. 2h du mat'.


Butchy
Fem :
" y a du monde hein Pédée...atroce...j'en peux plus....j'ai un méga coup de barre, j'ai trop envie de m'allonger et de dormir..."

Pédée Sexuelle :
"...grogne....pff....ouais....l'enfer c'est les autres......."

Butchy Fem :
" fais iech pour Miss Kittin, on était quand même venu pour ça..."

Pédée Sexuelle :
"bah ouais, elle a joué, quoi, peut-être 20 min, avant que ça beugue et qu'ils annulent...!!?"

Butchy Fem
et Pédée Sexuelle : "j'ai les pieds trempés, et mon t-shirt sous mon pull est mouillé aussi, et y a vraiment trop de monde, nan, ils auraient dû vendre moins de places ?!?...............dis, tu crois qu'on vieillit....??!!"


3h du mat. Il pleut des trombes. On n'en peut plus, on a les jambes en charpie, les pieds destroy, le nez qui goutte, les fringues trempés. On n'a vraiment rien vu de sensass sauf Etienne de Crecy, dont on a vu la fin du set et c'était plutôt pas mal du tout.


6h du mat, sous la couette.


Butchy
Fem
et Pédée Sexuelle : " putain, là, c'est vraiment le bonheur.....wahoouu...trop bien...le matelas est vraiment top confort...et cette couette...hum...un vrai nid.......le pied...."

Y a des jours comme ça où faut pas sortir de chez soi.


Pédée Sexuelle

17 avr. 2009

posts en stock, blogs en rade

J'ai tout un tas de posts en retard... je suis aspirée par des trucs perso et ne trouve pas le temps de venir poster. Bon, il faut dire aussi, et je ne citerai personne puisque ça concerne une grande partie de mes blogeuses préférées... en ce moment, vous êtres mollassonnes, absentes ou en phase de mutisme chronique et comme vous le savez, la dynamique blogesque est question d'émulation. Alors si vous faites silence, ben nous aussi du coup, c'est con hein?!


Voilà les posts en stock dans ma caboche, que je dis que je vais faire, mais que je fais pas :
- l'amour à 3 (ou l'utopie du triangle amoureux?),
- quentin tarantino est il gouine?,
- les gouines de la campagne,
- mon 1er vibro... ou le cadeau d'annif de ma grand-mère,
- comment j'ai jamais été dépucelée,
- Virginie et Orelsan,
- ma 1ère performance post-porn ( mateuse, passive et dubitative),
- comment ma mère taxe mon couple de non-couple,
- comment ma mère exhibe ses seins à sa progéniture pour le repas dominical,
- travail social et rentabilité, insertion sociale et "workfare state"... ou comment appliquer et contourner les politiques publiques incohérentes.


Bon, je suis sûre que vous aussi vous avez des posts en stock, oeuvrez pour l'émulation !


Butchy Fem

viendez pour le printemps de Bourges!

Pour le printemps de Bourges, on fait free chambres d'hôtes dans not' pavillon HLM à la cambrousse. Hormis les concerts divers et variés, la déambulation au coeur des stands, des rues et des bars, y'a aussi la prog d'Emmetrop :

Le Nadir fait son Kabaret Foutraque
jeudi 23 avril 22h > 1h : Kisses Cause Trouble + 78 RPM selector
vendredi 24 avril 22h > 1h : Plug&Co + 78 RPM selector
samedi 25 avril 22h > 3h : Kisses Cause Trouble + Plug&Co + «Alors heureuse?» concert queer punk rock + Dj


Kisses cause trouble
Le vrai spectacle
Mise en scène : Jean-Emmanuel Pagni et Delphine Clairet Avec : Delphine Clairet, Nadège Piton, Wendy Delorme, Clemence Bonnet et Clarissa Orsini.

Plug&co
Cabaret bouffe de l'extraordinairissime Alberto Morillo
de et avec : The Man Inside Corrine, Monsieur K, Madame H, Tom de pékin, Déborah Dégouts, Monsieur Katia, Victor, Anna Petrovna (piano) Musiques : Antoine Bernollin, Déborah Dégouts, Christine Guin (Flaming Pussy) Conceptions vidéos : Tom de Pékin.


78 RPM selector
Par Rosita Warlock, Mr Djub & De Bitche - set de 78 tours
Le set atypique qui a marqué les dernières Transmusicales de Rennes.

Alors heureuse?
Concert queer punk rock avec Déborah Dégouts (FR) Lynn Breedlove (USA) Christine Guin (from Flaming Pussy).

Exposition «PINE ! PONG !» de Tom de Pékin
Durant tout le Printemps de Bourges.

http://pagesperso-orange.fr/emmetrop/liens/newletter_cabaret_foutraque.html

Butchy Fem

11 avr. 2009

Les drôles de blogouines!

Ash et MatWebmiss, en direct de la préparation de l'atelier blog, qui aura lieu lors du festival-laboratoire L'Arme du Rire à Toulouse les 11-12-13 avril, organisé par Bagdam Espace Lesbien. Toutes les explications ici : http://www.bagdam.org/programme-labo09.html

et le lien du blog des drôles de gouines : http://drolesdegouines.lezspace.info/

10 avr. 2009

Sexual PD

Névrotique shopping


Le shopping me rend molle, folle et perplexe.

Naguère, lors de mon tendre âge, le problème était déjà épineux. Je détestais aller acheter des fringues avec mon père par ex. Je le voyais une fois tous les mois et il avait pour habitude de vouloir m’acheter des supers fringues, que, soi-disant, ma mère ne m’achetait pas. Entendez par là the panoplie de la petite fille princesse que je n’étais pas du tout. Je repartais toujours du coup avec des fringues affreuses qui restaient éternellement planqués en boule au fond de mon armoire. Moi, j’avais déjà opté pour le jeans, pull qui ressemble à keud et pompes destroy. Mon père vivait à Paris dans une banlieue étriquée et moi dans un petit village breton de 6 habitants. Mes activités de l’époque étaient : escalade dans les arbres, confection de cabanes, skate-cross dans les champs, confection de bouquets sauvages, rugby ( sauvage aussi !) avec mon frangin….bref, j’étais toujours un brin crassou, le cheveu fou, le jean vert et les genoux en sang. Alors, mon père avait honte de me voir débarquer à la gare Montparnasse avec, quand même, ma plus belle tenue bien proprette de fringues de petite meuf-mec.

Dès le lendemain, je me retrouvais coincée dans un rayon de jupes et de chemisiers à fleur, à devoir absolument choisir un truc pour lui faire plaisir. Je me souviens de ce mal-être qui m’habitait alors, cette sensation extrême de ne pas être à ma place. J’avais l’impression de devoir tenir un rôle, d’être pris au piège de la grande mascarade sociale « une fille doit mettre des jupes, et se doit d’être coquette et féminine ». Mon identité intime était violemment attaquée. Tout au long de mon adolescence, le problème était récurrent. Souvent revenait la question de la féminité, de l’apparence, du jugement, finalement, de ma construction en tant que femme. Pour eux, je niais mon côté féminin, rejetait les codes sexués et du coup, pensaient que je ne savais plus qui j’étais, ou que j'étais perdue peut-être. Or, si j’avais besoin de cette dualité, c'était justement pour me retrouver, naviguant entre les deux genres, cherchant ma place entre la jupe et le treillis, inventant mon genre.

Bref, au jour d’aujourd’hui, le problème est toujours bien présent quelque part. Lorsque je dois m’acheter des fringues, je me retrouve, hagard, à errer dans le rayon femme, à entr'apercevoir quelques trucs qui pourraient me plaire mais sans grande conviction, sans parler du problème discriminant des tailles, qui résout bien souvent cette hésitation. Alors, je vais fureter du côté homme. Et j’erre également, dépitée, car c’est pas ça non plus que je cherche. Donc je pioche dans les deux rayons de ce que je peux et puis après, j’attends (environ 1heure, après, je deviens très franchement désagréable...) ma mouf, qui, elle, a déjà choisi milles trucs à essayer et qui a envie d’acheter la moitié du magasin. Moi je ressors bredouille, un peu déprimée, d’où la mollesse.

Du coup, quand même, je trouve peu de plaisir à aller me confronter au monde arrogant des boutiques, leurs vendeuses pintades aux mèches blondes qui te matent de la tête aux pieds avec des yeux de poufs décérébrées, des tailles xxs, xs, m, voir xsL spéciales meufs gaulées comme des anorexique à jeun….Alors, j’achète mes fringues à Emmaus, dans les bouis-bouis, chez Dring-Fring, et c’est très bien comme ça de toutes façons.

Ceci dit, ce qui serait sympa quand même, c’est qu’il y ait des boutiques spécial butch, avec des fringues XY-XL and more, des sapes classes, funs, et des prix cools !!..........et je vous laisse imaginer les vendeuses !!!

Les boutiques sont à l’image de la répartition des genres dans la société hétéro étriquée : boy or girl, choose your side....

Pédée Sexuelle

30 mars 2009

La mallette surprise !!

Chère Baby Dyke,


Pour ton annif, nous avons pensé que quelques accessoires ludiques permettraient un approfondissement de ta vie sexuelle, déjà fortement riche et intense. Organisées comme nous sommes, nous avons fait expédier chez tes parents (nous n'avions pas ton adresse !) cette modeste panoplie, que tu auras tout loisir de déballer lors de ta prochaine visite dominicale dans ta famille. Nous espérons que cela ne te dérangera pas trop....!





Bon anniversaire Baby Dyke !!!!





Butchy Fem et Pédée Sexuelle


Vite vite vite facteur !!! Lol lol xxx !!

21 mars 2009

l'oiseau et l'ovule

Je suis dans la véranda surchauffée par le soleil de mars, je révise en prévision des entretiens à venir, vautrée sur un gros coussin. Je lève les yeux sur le jardin, les feuilles de bambous géants s'agitent dans le vent et les oiseaux s'ébattent dans les arbres, s'envolent, se croisent et se bécotent dans le feuillage. Mon esprit vagabonde et je me revois le jour du concours d'entrée à l'école, en train de remplir le test psychotechnique composé de 428 questions à choix multiples. 400 candidats pour 33 places, j'ai les sens en alerte. Je me souviens d'une question sur les oiseaux, sur un oiseau... ayant pour but d'éliminer les postulants dotés d'une hypersensibilité.

"Lors d'une promenade à la campagne, vous découvrez un oiseau blessé et agonisant au sol, quelle est votre réaction:
a- vous passez votre chemin, vous ne supportez pas la souffrance tant humaine qu'animale.
b- vous êtes attristé par la souffrance de l'animal, mais relativisez " la nature est cruelle mais elle est ainsi faite" et reprenez votre observation de la faune et de la flore environnante.
c- vous ressentez la douleur de l'oiseau au plus profond de votre être et explosez en larmes, vous enroulez l'oiseau dans votre pull et l'emmenez à la clinique vétérinaire, en priant Gaïa.
d- vous décidez d'abréger les souffrances de l'animal et l'écrasez d'un bref et solide coup de talon."

Bon, la reformulation est bidon, mais je me souviens avoir décelé le piège de l'hypersensibilité et ai dû choisir la réponse b, en toute logique compétitive. J'ai finalement été retenue à ce concours mais ai échoué à l'épreuve du diplôme d'état, la première fois... hypersensible que je suis. Je l'ai eu la seconde fois, beaucoup plus en forme, émotionnellement parlant.

A cette même réponse, aujourd'hui, en ce premier jour de cycle menstruel et de doutes existentiels, je répondrais c, sans hésiter.

Les concours, les épreuves, les diplômes, les entretiens d'embauches... tous ces moments où il faut savoir se vendre et se présenter sous son meilleur jour, me donnent de l'urticaire... j'ai pas l'esprit de compétition et mes performances sont fonction de mon humeur très versatile.

Voilà, je me dis que dans la vie, on revit la même épreuve un nombre incalculable de fois : la course des spermatozoïdes! souvenez-vous quand vous luttiez flagelle contre flagelles, pour arriver en tête de la course à l'ovule. Je me suis toujours demandé comment j'avais fait pour gagner la course? ça devait être un bon jour...

Butchy Fem

de l'art d'être conne...


J'allais à la teuf des Loubardes PD au Fouloir avec Butchy. On était perdues dans St Herblain, on venait de se taper 4h de route. Pas un rade, pas un chat dans ces rues. On passe devant chez les keufs, et je me dis :" bah on va aller demander là, l'adresse." Je rentre, confiante, dans la gendarmerie, il est 22h. J'ai toujours été spontanée et impulsive mais des fois, je devrais fermer ma gueule. Je suis la Mère Boulette, oui, c'est moi. Donc comme une grosse maligne, je demande aux condés la rue Machin. Ça lui dit rien, il demande aux autres képis derrière et ils me demandent ce que je cherche précisément car la rue ne leur dit rien. Moi dans mon enthousiasme, je leur dit " bah le Fouloir"...eux : "Le fouloir, c'est quoi ça ?", moi : " bah, une salle de concert...", eux : " ah oui, je crois que je vois ce que c'est, y a un concert ?"..moi " bah oui"...ils m'expliquent la route et on trouve super facilement le lieu dit.

Là, je percute, en arrivant, d'un bordel, c'est que le Fouloir, c'est un gros squatt ! La pote qui nous attend sur place est total flippée quand je lui raconte qu'on a été demandé aux keufs la route et que je leur ai dit qu'il y avait un concert. On s'attend à une grosse descente de bleus dans le bordelo. Putain j'ai mal au bide. Butchy me regarde d'un air parfaitement navrée. P. interpelle un mec du squatt et lui demande si la soirée est réglo, si y a pas de risques d'embrouille si les flics déboulent. Le mec zen nous dit que de toutes façons ils sont au courant vu qu'il y a eu de la comm de faite, et mais que bon, ils sont plus ou moins en règle. Sauf si les keufs veulent vraiment faire chier. Me voilà un brin rassurée mais quand même j'ai passé une soirée à me stresser la tête, à imaginer des scénarios à la Stonehall mais où là, je finis couvert de plumes et de goudron, pendue à un arbre par des mecs avec des dread locks et des chiens pensant que je suis une indic.

Comme vous pouvez l'imaginer, il ne s'est rien produit de tel. Mais putain, dorénavant, je ferme ma gueule de gogolito.

Pédée Sexuelle

19 mars 2009

fringale d'images

En ce moment, j'ai une grosse fringale de BD... et j'avais envie de vous faire partager mes deux derniers coups de coeur.




Le premier "Fun Home" écrit par Alison BRECHDEL (elle a aussi fait la série "dykes to watch out for") est une BD autobiographique. "Bruce Bechdel enseigne l'anglais dans une petite ville de Pennsylvanie et dirige le salon funéraire familial. Sa sensibilité, sa passion pour la littérature, son raffinement s'expriment dans l'embaumement des corps et la restauration obsessionnelle de la maison gothique où il vit avec sa femme et ses enfants. Alison, sa fille, voit son adolescence envahie par l'ombre de ce père aux secrets douloureux, à la fois distant et trop proche. Elle découvre en même temps sa propre homosexualité et celle, soigneusement cachée, de ce tyran charmant et tourmenté."

Dans cette BD, on navigue entre "six feet under" et "la famille Adams", le trait noir et blanc nous entraîne de flash-backs en souvenirs, de l'âge adulte au coming-out, de l'adolescence à l'enfance. Les secrets de familles rôdent et Al décortique, analyse, refait le chemin en arrière. Elle recule et plonge dans les tréfonds des émotions, des écrits, des photos et des non-dits pour avancer. Sa relation difficile et passionnée à son père met en abîme sa propre identité sexuelle et la question des générations. L'album est parsemé de références littéraires reflétant une trame familiale et symbolisant un autre axe de la "complicité" père-fille. Malgré une narration non chronologique, le style demeure fluide et le récit extraordinairement bien ficelé. Le regard de BRECHDEL sur son père est à la fois délicat, lucide, compréhensif et cynique mais jamais brutal. j'ai dévoré cet album qui m'a procuré une émotion vraie et un tendre écho. Cette BD est un bijou, un diamant aux facettes multiples.



Le deuxième est "Locas" écrit par Jaime HERNANDEZ, qui a le défaut d'être un mec et de n'être, en plus, ni lesbien, ni pd. "Locas retrace la vie de Hopey et Maggie, leurs amours, leurs problèmes, leur détresse et leur joie. Maggie Choscarillo est une jeune californienne d'origine mexicaine rôdant dans la scène punk du début des années 1980. Elle y rencontre Hopey Glass, une punkette téméraire et insolente. Hopey est une présence turbulente mais constante dans la vie de Maggie, combinant paradoxalement des convictions morales en béton armé et un tempérament irascible. L'amitié qui les lie est volcanique mais indéfectible. Le portrait amoureux de Maggie et Hopey dépasse le constat simple de leur bisexualité et, grâce au sens naturel de l'auteur pour la justesse des sentiments, devient partie intégrante de leur vie quotidienne. Âmes sœurs au caractère bien trempé, Maggie et Hopey vibrent d'un amour sincère et beau, décrit avec une justesse que peu d'écrivains, et encore moins d'auteurs de BD, sont parvenus à accomplir."

J'avais tant entendu parler de cette BD que j'ai fini par l'acheter. Quelle ne fut pas ma déception lors de la lecture des premières pages, de découvrir un album décousu au contenu parfois surréaliste, passant de super-héros aux wonder pouvoirs à des catcheuses féroces et autres humanoïdes! Il faut préciser que cette BD est constituée d'un recueil d'histoires à l'origine parues dans des numéros différents sur une période de 14 ans ; d'où probablement les écarts de style et les sensations d'incohérence, parfois. Mais, arrivée à la moitié de l'ouvrage, le style se fait plus sûr et plus pur, les personnages s'étoffent, prennent un vrai relief et l'histoire a enfin un fil conducteur. Il fallait en arriver là ( à la 140 ème page), pour qu'enfin, le côté punky de cette BD transpire. Mais ça valait le coup d'attendre. "Locas" est le portrait de deux jeunes femmes attachantes liées par un amour chien et profond. C'est aussi le portrait d'une communauté latino et d'un mouvement musical et social. Maggie et Hopey ont peut être des aventures avec des mecs, mais l'auteur en fait quand même d'authentiques dissidentes... de l'identité sexuelle car au delà de leurs parties de jambes en l'air, le coeur palpite. Maggie est la fem (un peu bi quand même) et Hopey, la butch... couple, à mon sens, parfait! Elles crachent, elles tapent, elles pètent, elles grossissent, elles s'assument, elles jouent du punk-rock, elles boivent et elles gerbent... en jupe et en rangers. L'auteur ne trahit par leurs sentiments et ne fait pas de leur relation un lien anecdotique. Leur relation demeure le pivot de l'histoire et HERNANDEZ reste, en se sens, intègre. Mais oui, elles doutent, se cherchent, expérimentent, se trompent, se séparent... et se retrouvent dans le tome II que je vais acheter de ce pas.


Butchy Fem

15 mars 2009

Assurd

Un quatuor de femmes napolitaines qui reprennent des airs traditionnels du sud de l'Italie. A découvrir, vraiment.

Pédée Sexuelle

P.S : si une italienne veut bien me filer les paroles en italien, ça serait super cool. Et aussi me les traduire ! Merci !!

3 mars 2009

Full WE !


Si t'as rien à foutre du we, viens y aussi, à Nantes, avec nous boire des coups...

Pédée Sexuelle


Viens y avec nous !!


Pédée Sexuelle

27 févr. 2009

...

Je cherche toujours sans trouver.
Des parcelles de passé s'amoncellent.

L’orage ronfle,
Quand l’écume gronde.
Quand la bile inonde,
La voile se gonfle

Ah la mer dévastée de lune ronde!

Les chevaux hennissent,
Quand la mer se cabre.
Quand la peau se marbre,
Les pupilles pâlissent.

Ah la mer traversée d'ondes sombres!

La flamme rougeoie,
Quand la houle s’embrase.
Quand la mélopée s’écrase,
La sirène se noie.

J'expire encore sans aspirer.
Des fragments de moi-même se détachent.


butchy fem

Les seins d'Helena

Personnellement, j'ai assez hâte que The L word soit fini. Parce que depuis le début de cette dernière saison, je vais de déceptions en énervements. D'ailleurs, les scénaristes ont l'air d'avoir hâte d'être libérés et semblent écrire les épisodes à la va vite, ce qui donne un résultat à la va lente, vu comme on s'ennuie à les regarder. Les intrigues sont lâches, on ne voit que peu certains personnages, voire pas du tout et les dialogues frisent la nullité. Quant aux scènes d'amour, elles sont ridicules.

La dernière en date, par exemple, est à classer dans le top ten. Comme vous le savez, Dylan, après une absence de deux saisons et demi, revient à Los Angeles pour essayer de reconquérir Helena à qui, naguère, elle avait extorqué une coquette somme d'argent. Il se trouve que malgré ce tour pendable, Helena aime encore Dylan (je passe sur l'invraisemblance de la situation) et en moins de deux, elles se retrouvent en tête à tête chez Dylan. Comme ça fait assez longtemps qu'elles ne se sont pas vues, que croyez-vous qu'il s'y passe? Eh bien, après avoir hésité trois plombes avant de s'embrasser, je vous le donne en mille: elle font l'amour! (je suis sûre que vous ne vous y attendiez pas, trop forts ces scénaristes, je vous dis) Et le détail qui tue, c'est que Helena garde son soutien-gorge et Dylan sa chemise, et donc aussi son soutien-gorge. Ben oui, parce qu'il faudrait pas y aller trop vite dans l'intimité...ça risque de mettre à mal leurs retrouvailles. Dylan, en guise de préliminaires, décide de faire un cunnilingus à Helena (enfin, je suppose, parce qu'on n'y voit pas grand chose) et de poser sa main...entre les seins d'Helena, pas dessus hein, entre! À un moment donné quand même elle lui touche le sein gauche mais plutôt genre: « tiens, une protubérance! » et c'est tout. Putain Dylan, ça fait 2 ans que t'as pas vu cette fille dont tu es follement amoureuse et t'as pas envie de lui toucher les seins? Oublie donc les hévéas de Papouasie ou de je ne sais plus où et mets-y les mains! Caresse-les, embrasse-les, suce-les, mords-les, pétris-les! (humhum...je m'emballe, je crois...). Ces pauvres petits seins d'Helena, ils doivent ressentir une frustration terrible! Et enlève cette putain de chemise! Je ne dis pas que le sexe sans soutien-gorge soit une règle mais bon là c'est pas l'empressement qui les amène à ne pas se déshabiller. La scène dure quand même plus de 5 minutes. C'est interminable. D'ailleurs, une musique douce couronne le tout pour bien nous montrer que ce n'est pas la baise qui est importante ici, mais plutôt les sentiments. Parce que les deux superposés, dans The L word, ça n'existe pas. Un pur exemple de ce que nous appelons, entre gouinettes, « l'orgasme du genou ».

Tout ça pour dire qu'on n'y croit pas trop trop à cette scène d'amour et que si j'étais à la place d'Helena, je ne me ferais pas trop d'illusions: vu la froideur de Dylan, cette histoire est vouée à l'insuccès. Tout comme cette dernière saison de The Lword, que je m'acharne naïvement à regarder, comme si j'allais retrouver l'excitation des premières saisons et comme si, touchés par une soudaine grâce, les personnages allaient enfin ressembler à de vraies lesbiennes.


Baby Dyke